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Modèle pour une approche globale et intégrée de l'encadrement
Document d'animation et de diagnostic (Mai 1998) Christian Bégin, Section daide et de soutien à lapprentissage, SVE Nadia Palkiewicz, Décanat des études de premier cycle Table des matières
2. Conception de l'encadrement comme une réalité globale
3. Un modèle systémique de l'encadrement
Lencadrement des étudiants a fait lobjet dune réflexion soutenue depuis quelques années à lUQAM. Au premier cycle, différents documents ont été produits en 1995 par le Décanat des études de premier cycle : un document de réflexion sur lencadrement des étudiants (1), un inventaire des activités dencadrement mises en place à lUQAM (2); en 1996, le Comité sur lencadrement des étudiants, relevant du DEPC, a produit son rapport final (3), rapport qui comprenait des recommandations portant sur différents aspects (engagements institutionnels, recommandations relatives aux programmes détudes, recommandations relatives au support individuel, et modalités rendant possible lapplication de ces recommandations) ; plusieurs de ces recommandations ont été reprises dans le Rapport du Comité de changement et dans le Rapport du Comité des suivis. Aux cycles supérieurs, un travail significatif a été réalisé sur la question de lencadrement des étudiants. Le comité CONSTAT relatif à la condition et au statut des étudiants de 2e et 3e cycles a par ailleurs assumé le leadership des initiatives. Celles-ci concernent : la dimension de lencadrement pédagogique (enquête réalisée de 94 à 96) pour laquelle un rapport a été produit et dont certaines conclusions sont incluses dans le Rapport du Comité de changement et dans le Rapport du Comité des suivis ; et la dimension du soutien financier des étudiants (cueillette dinformations) qui a fait, elle aussi, lobjet dun rapport qui donné lieu à lélaboration dune politique institutionnelle de soutien financier des étudiants de 2e et 3e cycle, adoptée en décembre 1995. Lencadrement a été identifié clairement comme une priorité de lUQAM. Le Comité des suivis " reconnaît limportance centrale de lencadrement en vue daccroître la qualité de la formation et la réussite aux études, objectif principal du projet de changement ". 2. Conception de lencadrement comme une réalité globale Les différents travaux et analyses effectués nous soulignent la nécessité de concevoir lencadrement des étudiants dans sa globalité. Considéré dabord comme un moyen daméliorer la qualité de la formation offerte, lencadrement est maintenant interpellé directement par la transition quest en train de vivre la formation supérieure, soit le passage du paradigme de lenseignement à celui de lapprentissage (Barr et Tagg, 1995; Dolence et Norris, 1996). Létudiant, que lon veut responsabiliser et chez qui lon veut développer la maîtrise de ses apprentissages, a besoin, dans ce contexte, dun environnement lui présentant des expériences où il peut découvrir et construire lui-même son savoir ainsi quacquérir, de façon graduelle, les moyens de sa responsabilisation (Comité sur lencadrement des étudiants, 1996). Lexpérience universitaire ne repose pas exclusivement sur lacquisition de connaissances académiques. De nombreuses études ont démontré limportance de la dimension dimmersion à la vie universitaire dans la décision de persévérer ou dabandonner ses études. Lencadrement doit donc tenir compte de ces deux dimensions, apprentissages académiques et immersion au milieu universitaire, pour être un processus réellement efficace. Comme le soulignait Tinto (1990), il nexiste pas de formule toute faite, qui soit à même de répondre à lensemble des besoins dencadrement. Dautre part, on conçoit aisément que la simple juxtaposition de différentes formules dencadrement, mises en place de façon à répondre à des besoins précis, ne permet pas un réinvestissement des effets positifs amenés par lune ou lautre formule. Il apparaît plus judicieux de miser sur un choix stratégique de certaines formules qui permettent de considérer plusieurs aspects de lexpérience universitaire, et surtout, de développer des liens, des interrelations entre ces formules, de façon à en cumuler les effets positifs (4). Ceci contribue en outre au fait de permettre à létudiant de donner un sens à son expérience universitaire, à sa formation.
3. Un modèle systémique de lencadrement Nous avons représenté sous forme de modèle lencadrement dans sa globalité. Ce modèle, en ce quil permet de visualiser rapidement les objectifs poursuivis par lencadrement et les formules appropriées, vise dabord à servir doutil de diagnostic et danimation pour les différentes unités. Le modèle permet aux unités de se positionner en regard des activités dencadrement quelles ont déjà mises en place. Linventaire des activités dencadrement à lUQAM, réalisé par le DEPC en 1995-1996, nous a en effet démontré la richesse et la diversité des formules élaborées. Dans un deuxième temps, disposant de différents outils (rapports dévaluation de programme, données sur les abandons, les échecs, etc.), les unités pourront dresser un portrait de la situation de leur population étudiante. En fonction des constats émergeant de ce portrait, il devient plus facile, grâce au modèle, didentifier les aspects précis sur lesquels orienter les efforts dencadrement. Lexercice de systématisation demandé aux unités rend nécessaire le fait de pouvoir disposer dune représentation globale des différentes formules possibles et lidentification des objets auxquels elles réfèrent. Cette idée a été précisée par le Comité des suivis:
Le modèle que nous présentons ici sinscrit dans loptique dopérationnalisation de cette réflexion. Ainsi, il vise à permettre à ceux qui le désirent de " bonifier " les activités déjà existantes, ou encore didentifier certaines dimensions, propres à la réalité de leurs étudiants, pour lesquelles dautres activités pourraient être mises en place. Une formation centrée sur lapprentissage des étudiants met aussi létudiant au point central de lencadrement. Plusieurs études ont déjà traité des caractéristiques du cheminement " institutionnel " suivi par l'étudiant et des moments particuliers dont il faut tenir compte pour favoriser son adaptation et sa persévérance (6) : on a ainsi identifié lentrée dans le programme, la mi-parcours du cheminement et la fin du programme détudes comme étant des moments demandant une attention plus soutenue. Cependant, lanalyse du cheminement de létudiant navait pas encore été suffisamment développée, décrite et surtout, modélisée pour permettre une compréhension plus raffinée tenant compte des facteurs propres au vécu de létudiant dans son expérience de formation. Le milieu et les circonstances entourant la démarche de formation et dapprentissage de létudiant peuvent être considérés comme un système composé de différents " objets " ou " agents" avec lesquels l'étudiant doit établir des rapports divers. On peut donc mieux comprendre quels aspects particuliers de lexpérience étudiante peuvent représenter des sources de difficultés et mieux cibler les interventions appropriées. Ces objets peuvent être définis en imaginant les différentes situations auxquelles un étudiant peut être confronté et le rapport quil se doit détablir avec lensemble des " objets " ou " agents " impliqués dans sa formation, peu importe le moment de son cheminement. Il nous est alors apparu nécessaire didentifier deux axes mutuellement inclusifs qui décriraient la réalité de létudiant quant à son expérience et aux besoins dencadrement qui pourraient se faire sentir: une " lecture " horizontale du modèle, en fonction de facteurs temporels tient compte du déroulement du cheminement de létudiant dans le temps et tout au cours de son programme ; une " lecture " verticale tient compte simultanément de lensemble des facteurs qui peuvent avoir un impact sur le rendement de létudiant et son expérience à tout moment de sa formation (7). Le premier axe est donc constitué des caractéristiques et des périodes clés du cheminement de létudiant alors que le second sadresse aux rapports que létudiant établit spontanément avec les différentes composantes dune activité ou dun contexte de formation. 4.1 Le cheminement de létudiant Laxe horizontal ou " temporel " du cheminement de l'étudiant à luniversité peut ainsi se concevoir comme un continuum, allant des premières démarches de létudiant pour choisir un établissement denseignement, jusquà la diplômation. Entre les deux, létudiant traverse plusieurs étapes dont certaines constituent des moments critiques, où il peut parfois osciller entre la décision de persévérer ou dabandonner ses études. Ces différents moments seront détaillés dans les sections qui suivent, mais nous pouvons dire pour linstant quun des moments les plus importants est sans nul doute la période dimmersion au milieu universitaire, point de convergence entre des facteurs dintégration sociale au milieu et dintégration dans son programme détude. En cours de cheminement, létudiant est aussi confronté à certaines questions dorientation, dintégration de ses connaissances et de performance académique. À la fin de son programme détude, se posent les questions dintégration au marché du travail ou de poursuite aux études supérieures.
Étapes qui suivent lentrée dans le programme
Étapes situées en cours de cheminement
4.2 Dynamique des rapports de létudiant Traditionnellement, lanalyse des caractéristiques étudiantes portaient surtout sur des variables socio-économiques qui servaient à donner un portrait dune clientèle doù pouvaient ensuite être extrapolés des propositions quant aux facteurs à considérer dans la façon doffrir des services, dans la compréhension des clientèles et de leurs particularités (Sales, Simard, Maheu ; 1996) et allant même parfois à létablissement de modèles prédictifs de réussite (Astin, 1975). Bien que ces données soient essentielles pour effectivement mieux saisir le type de population étudiante qui occupe les salles de cours et comment en tenir compte dans la prestation de services, ces informations demeurent relativement " statiques " en ce quelles nexpliquent pas nécessairement globalement la dynamique propre de l'étudiant qui chemine à travers un programme. Linstitution de formation nest pas seulement un " lieu " dans lequel l'étudiant doit sintégrer. Elle doit plutôt être conçue comme un système avec différentes composantes à lintérieur duquel létudiant chemine en fonction des rapports quil établit avec ces composantes. Quant à l'étudiant, il nest pas un être isolé de toute relation. Au contraire, il représente un être dynamique dont les choix sont motivés par la recherche de rapports de qualité avec chaque aspect de son milieu, avec évidemment ses caractéristiques propres qui définiront certaines façons avec lesquelles il voudra établir ces rapports. Plus grande est la qualité de ces rapports et plus grande est la conformité avec ce quil est ou ce quil désire et plus létudiant ressentira son expérience de formation comme étant significative, enrichissante et formatrice et plus il aura la perception de bénéficier des conditions favorables pour persévérer dans ses études et terminer son programme. Cest alors que lencadrement jouera un rôle dans la consolidation de chacun de ces rapports. Les différents rapports constituent donc les " objets " avec lesquels létudiant doit conserver un lien positif et significatif pour assurer une sorte de " permanence de lobjet " par rapport à sa formation, cest-à-dire que les différents aspects doivent faire du sens pour létudiant et être constamment assimilables à sa propre réalité. Tout au cours de son cheminement, létudiant est en interaction avec les différentes facettes de son environnement de formation qui constituent des " objets " avec lesquels il établit des rapports constants. Ces " objets " de rapport peuvent se concevoir sous sept catégories: 1) le rapport à linstitution; 2) le rapport à sa vie personnelle; 3) le rapport à son programme; 4) le rapport au(x) cours; 5) le rapport au(x) professeur(s) et/ou à son directeur de recherche; 6) le rapport à la matière et/ou à la discipline et 7) le rapport aux tâches et/ou aux situations. Peu importe le programme, le rythme des études (temps plein ou partiel), le niveau détude (études de premier, deuxième ou troisième cycle), le moment dans la session ou dans le cheminement de létudiant, tous ces rapports sont " actifs " et sont susceptibles davoir une influence dans la démarche de formation et dapprentissage de létudiant. Ces rapports sont donc intrinsèques à létudiant dans sa dynamique de relation avec les situations ou les contextes de formation quil rencontre. Ils sont teintés des attentes de létudiant provenant de limage quil se fait de son choix de formation mais également de ses expériences antérieures qui déterminent les références à partir desquelles il évaluera chacun des nouveaux rapports quil aura à établir. Il est important de mentionner encore une fois que ces rapports sont tous, toujours présents. Ces rapports définissent le type de relation que l'étudiant établit ou développe avec son milieu, et sa formation, sa participation aux activités ou son implication dans ses études vont dépendre de la qualité de lun ou lautre de ces rapports.
Dans la partie qui suit, les différents rapports seront décrits de manière plus précise et des exemples dapplication du modèle seront fournis pour démontrer comment peut se faire lanalyse ainsi que le choix des formules dencadrement à développer et ce, en fonction des objectifs visés pour améliorer les conditions des rapports que létudiant entretient avec son milieu de formation. 5.1 Le rapport à linstitution Ce rapport de létudiant à linstitution est constitué par les relations que létudiant établit avec son environnement de formation. Ces relations sont caractérisées par la connaissance ou la reconnaissance et son appropriation des lieux physiques, des valeurs de linstitution, des services et des ressources qui y sont offertes et du sentiment dappartenance quil peut y développer. En ce sens, ce nest pas nécessairement le fait quil y ait ou non des services ou des ressources qui sont offertes qui permettront un rapport positif de létudiant avec linstitution mais bien le fait que létudiant les connaisse et notamment quil puisse y avoir accès facilement en fonction de ses besoins. Plus les conditions ou les mesures favorisent lattachement de létudiant à linstitution et plus le rapport de létudiant à linstitution favorisera son désir dy passer du temps et de conserver intacte la relation quil y aura établi. Le rapport à linstitution est également influencé par le rythme des études. Le temps passé à lintérieur même du milieu de formation sera moindre pour un étudiant à temps partiel, ce qui diminue son " appartenance " et son appropriation du milieu et empêche ainsi un rapport à linstitution qui soit favorable. Il ne développe aucune représentation ou relation significative avec son milieu. Les objectifs visés seraient donc, dans la mesure où le rapport à linstitution nest pas favorisé, de tenter daméliorer ce rapport, de le renforcer et de permettre à létudiant de mieux sadapter à son nouveau milieu. Cette adaptation peut passer notamment par létablissement de plus de contacts avec dautres étudiants, une meilleure connaissance des services et des ressources qui lui sont fournies de même que les conditions les plus favorables pour lencourager à passer plus de temps à lintérieur même des murs de linstitution. Pour y arriver, différentes formules ou activités sont possibles, notamment linstauration de locaux ou de lieux où létudiant aura loccasion de pouvoir se retrouver avec des gens de son programme. Des activités de pré-accueil ou daccueil qui fournissent des outils ou des informations aux étudiants pour mieux connaître les conditions et les caractéristiques de formation dans lesquelles ils vont sengager peuvent permettre datteindre les objectifs de facilitation de ladaptation de létudiant. Par ailleurs, faciliter le travail étudiant dans le milieu est une autre façon daugmenter la probabilité que létudiant développe un sentiment dappartenance plus fort à linstitution puisquil sera amené et encouragé à y passer plus de temps. Un niveau plus général dintervention nest pas à négliger dans la poursuite de lobjectif dintégration de létudiant à son milieu : les interventions ou les formules dencadrement pourraient ainsi favoriser entre autres la possibilité de pouvoir travailler sur le campus (ce qui rejoint lobjectif de support financier poursuivi entre autres aux études supérieures), dassurer un contact constant avec les étudiants, notamment ceux qui sont à temps partiel pour faire en sorte que le lien avec linstitution, en général, et avec le programme, en particulier, augmente ou assure une stabilité de la relation avec linstitution.
5.2 Le rapport à sa vie personnelle Bien que létudiant soit dans un contexte de formation tout au long de son cheminement, il ne peut faire abstraction des exigences de sa vie personnelle avec toutes les facettes que cela comprend (travail, famille, obligations financières, etc.). Cest pourquoi son rapport à sa vie personnelle demeure un élément important. Ces aspects de sa vie personnelle ne doivent pas non plus être considérés comme extérieurs à sa démarche de formation puisquils sont, à plusieurs niveaux, intimement liés. Sa situation financière, les raisons pour lesquelles il décide dentreprendre ou de poursuivre des études, sa vie sociale et/ou familiale sont autant daspects qui seront directement touchés par sa démarche. Cest pourquoi, plus son rapport aux différents aspects de sa vie personnelle sont facilités ou consolidés dans sa démarche de formation et plus il lui sera facile dharmoniser cette démarche avec les exigences de sa vie personnelle. Lorsque létudiant développe un rapport harmonieux entre les aspects de sa vie personnelle et de sa situation de formation, il peut plus facilement répondre aux exigences de chacun et remplir les responsabilités auxquelles il est confronté. Par ailleurs, pour sassurer que ce rapport à sa vie personnelle soit facilité, il peut être nécessaire dinstaurer des activités ou dutiliser des formules dencadrement dont les objectifs seront daider à améliorer les conditions de vie personnelle de létudiant. Les objectifs pourront donc viser notamment une amélioration de sa condition financière, de sa vie sociale et de son adaptation à un contexte et à un milieu de vie nouveau. Les formules et activités possibles seront orientées vers la possibilité daugmenter ses sources de revenu en favorisant le travail étudiant mais également en favorisant létablissement de relations significatives dans son milieu et avec ses pairs pour augmenter la qualité de son intégration. Des ressources et des activités déjà existantes peuvent aussi aider à répondre aux objectifs daméliorer les conditions de son rapport à sa vie personnelle: les associations étudiantes, les ateliers portant sur ladaptation, sur lanxiété, sur lestime de soi et toute autre intervention qui portera sur les aspects plus " personnels " de létudiant.
Le rapport au programme implique tout ce qui concerne le cheminement de formation de létudiant. Cest en effet à travers le programme que létudiant peut donner du sens à son choix détudier et à ses projets de réalisation personnelle ou professionnelle. La qualité du rapport de létudiant à son programme sera également déterminée par le sens que létudiant pourra donner à son programme en tant que " lieu " dans lequel il percevra la possibilité de créer, dactualiser ou de développer ses projets professionnels. Le rapport de létudiant au programme implique tout ce qui concerne les règles, règlements relatifs au cheminement dans le programme, les ressources, les liens possibles à une identité professionnelle et les perspectives demploi, ce qui caractérise l" image " que létudiant a de lui-même et les attentes quil a de réaliser l" image " de ce quil veut devenir. Cest lun des rapports les plus importants dans le cheminement scolaire de létudiant puisquil est central à sa démarche. Plus létudiant établit rapidement une relation claire à son programme, plus sa relation au programme est fondée sur des critères didentité professionnelle et dappartenance à un groupe dont les objectifs et les buts sont semblables aux siens, plus son " appartenance " à linstitution se transfère à une appartenance et à une identification personnelle à son programme et plus il voudra conserver cette relation, plus celle-ci favorisera un rapport significatif à son programme où il y trouvera les encouragements pour persévérer dans sa démarche. À lopposé, moins létudiant peut établir rapidement un lien à son programme et donner du sens au programme (selon ses propres attentes ou selon ce qui avait été véhiculé par le programme), moins le contexte dencadrement favorise le développement dun lien avec le programme et moins la relation de létudiant à son programme sera significative et risque alors de mener rapidement létudiant à une recherche dun autre programme qui pourrait mieux répondre à ses attentes ou tout simplement à une rupture des liens avec le programme et linstitution. Cest pourquoi les objectifs dactivités dencadrement pour le rapport au programme devront donc viser à assurer une cohésion entre les différentes activités du programme et les objectifs professionnels auxquels devrait répondre le programme. Les formules utilisées devraient également permettre de consolider les liens entre les activités du programme pour faciliter à létudiant lidentification dun sens entre les activités elles-mêmes (les cours) ou le déroulement de ces activités au cours du cheminement (la séquence de cours). Toute activité qui favorise lintégration de létudiant dans le programme, qui permet à celui-ci de pouvoir intégrer et développer une vision cohérente des activités curriculaires et de ses apprentissages pourra permettre daméliorer le rapport de l'étudiant à son programme. Les formules sont variées et nombreuses en fonction des objectifs spécifiques qui sont visés. Il peut sagir dactivités ou de cours dintégration ou dimmersion au programme, dactivités dintégration des apprentissages ( cours, colloques, etc.), dorganisation particulière du cheminement du programme (cohortes, thèmes intégrateurs dans les cours tout au long du cheminement ou de périodes spécifiques, etc.) ou dactivités ciblées pour répondre à des besoins particuliers ou qui touchent à des aspects plus généraux (mentorat, réseaux socio-professionnels, etc.)
Dans le quotidien de son programme, létudiant entre en relation avec ce qui permet au programme de se réaliser, cest-à-dire les cours. Les cours représentent le lieu où létudiant confronte ses attentes avec la réalité. Son rapport au cours est donc caractérisé par tout aspect sur lequel létudiant établit une correspondance entre ses attentes, les exigences du programme, la " pertinence " du ou des cours en relation avec le programme ainsi que les facteurs qui peuvent affecter (positivement ou négativement) sa capacité datteindre les objectifs du ou des cours (pédagogie, organisation du cours, etc.). Dans ce rapport au cours, les activités ou les formules à mettre en place doivent donc viser à assurer une bonne cohésion entre le cours et lensemble du programme, dune part, mais également favoriser latteinte des objectifs du cours lui-même. Des formules particulières peuvent alors être nécessaires selon que létudiant est aux études de premier cycle ou aux études supérieures en raison des caractéristiques de ce deuxième niveau détude et de la relation de la scolarité avec le projet de recherche. Ce sont donc des formules qui devraient être intégrées à lintérieur des cours, que ce soit au niveau de la pédagogie propre au cours, de lorganisation de la prestation du cours ou dactivités compensatoires pour favoriser latteinte des objectifs du cours comme le monitorat ou le tutorat. La réflexion actuelle en ce qui concerne la pédagogie propre aux activités des grands groupes sintègre aux formules concernant ce rapport de létudiant au cours.
5.5 Le rapport au(x) professeur(s) (directeur de recherche) Dans son cheminement de formation, le professeur représente souvent la personne la plus significative avec laquelle létudiant entrera en rapport. Cest beaucoup dans ce rapport que létudiant construit son image de lidentité professionnelle et surtout de la qualité de la formation quil reçoit. Le professeur est souvent considéré comme " lagent " du programme et il est reconnu que létudiant attribue une grande importance au type de rapport quil peut établir avec le(s) professeur(s). Dans le cas des études aux cycles supérieurs, deux niveaux de rapport sont présents en parallèle: le rapport habituel au professeur responsable dun cours ou dun séminaire et celui, tout particulier, avec le directeur de recherche. Dans ce dernier cas, le rapport de létudiant au professeur qui joue le rôle de directeur de recherche est teinté dencore plus dattentes puisquil sétablit dans un contexte dexclusivité de la relation. Les objectifs dintervention à ce niveau seront donc orientés vers la recherche détablissements de liens significatifs avec le professeur, que ce soit par rapport à la prestation du cours, en tant que personne-ressource pour le cheminement dans le programme, ou par rapport à lavancement des travaux de recherche aux études supérieures. Selon le niveau détude, cependant, les formules varieront puisque le rapport de létudiant au professeur est différent selon le cours ou la direction de recherche. Dans le premier cas, les TIC et le courrier électronique entre autres, peuvent présenter des moyens daméliorer la relation " pédagogique " notamment en augmentant le nombre de contacts de létudiant avec son professeur (8) . Létablissement de lieux favorisant les relations entre les étudiants et les professeurs est de nature à améliorer également ce rapport entre les deux. Par ailleurs, pour les études de cycles supérieurs, les conditions dencadrement et les mesures pour assurer des ententes claires entre les directeurs de recherche et les étudiants seront particulièrement pertinentes pour favoriser létablissement de rapports favorables entre les deux. Certaines formules peuvent également être développées pour aider les directeurs de recherche à déterminer le cadre des relations avec leurs étudiants (formation, ateliers, instauration de groupes déchange entre les directeurs ou activités danimation auprès des directeurs de recherche dun même programme, etc.). Ces formules peuvent dailleurs prendre la forme dactivités ou de documents daccompagnement comme des guides pour lencadrement.
5.6 Le rapport à la matière/discipline Le rapport que létudiant établit avec la matière et/ou la discipline représente, avec le rapport aux tâches ou aux situations, le tout premier " objet " auquel il est confronté quant à sa capacité de pouvoir remplir les exigences dans le cadre de son choix de formation ainsi quà la correspondance de ce contenu avec la représentation quil se faisait de ce que devait être une formation dans son programme. Le type de rapport que l'étudiant mettra en place avec la matière et/ou la discipline dépendra beaucoup de ses expériences antérieures avec des matières ou un contenu semblable. Ce rapport dépendra également des objectifs que l'étudiant sest donné en regard de limportance perçue de ces contenus et du niveau dintégration auquel il espère parvenir. Moins létudiant évalue la pertinence de ce contenu et moins il sera porté à investir pour ce contenu particulier. Dans le même sens, moins létudiant aura des connaissances antérieures par rapport à un tel contenu ou une matière semblable, plus il devra développer de nouvelles connaissances et investir pour faire lapprentissage de ces contenus. Les objectifs visés pour assurer létablissement de rapports favorables avec les contenus et/ou les matières seront principalement de lordre dintégration, de compréhension et dappropriation des contenus et de leur application. Les formules appropriées concernent toute intervention qui cherchera à combler les lacunes relatives à la compréhension même des matières ou à favoriser le développement des outils et des stratégies permettant aux étudiants de mieux maîtriser lapprentissage de ces contenus. Les formules peuvent prendre la forme par exemple de monitorat ou de tutorat pour des matières plus abstraites ou complexes, de formes dorganisation du cours (ateliers, groupe détude, etc.) favorisant ou assurant lintégration de s contenus ou de différentes matières ou par lutilisation dactivités permettant lapplication de stratégies dapprentissage favorables à lintégration des matières.
5.7 Le rapport aux tâches et aux situations Les tâches et les situations représentent lautre " objet " avec lequel létudiant établit un rapport qui détermine son niveau de compétence. En fait, ce sont ces tâches et ces situations à travers lesquelles létudiant doit passer pour répondre aux exigences de chacun de ses cours et de son programme. Les tâches et les situations sont ce par quoi la maîtrise et lappropriation de la matière et de la discipline sont évaluées et ce sur quoi l'étudiant sera jugé quant à sa capacité de remplir les exigences relatives à son programme. Dans certains cas, une maîtrise plus ou moins adéquate des tâches ou des situations auxquelles létudiant est confronté pourra avoir des effets dramatiques pour létudiant, surtout lorsque celles-ci ont lieu en fin de programme (comme des stages ou des examens corporatifs) ou représentent un poids important sur lensemble du programme (comme la tâche de rédiger un mémoire ou une thèse).. Le rapport de létudiant aux tâches et aux situations pourra donc varier énormément selon ses expériences antérieures ou selon lencadrement offert pour assurer sa maîtrise des tâches ou des situations devant lesquelles il sera placé. Les objectifs concernés par linstauration de formules dencadrement pour ce rapport viseront le développement ou la consolidation des habiletés, des outils, des ressources ou des connaissances propres au domaine ou au niveau détude. Pour ce dernier point, il est en effet reconnu que la situation de la période de rédaction aux études supérieures et la tâche de rédiger un mémoire de maîtrise constitue une toute première expérience pour la majorité des étudiants et qui est souvent déterminante dans le taux dabandon. Les activités dencadrement peuvent prendre différentes formes. Elles peuvent être intégrées à lintérieur même du programme (séminaires de recherche, cours de méthodologie propre au programme, etc.), être offertes comme activités complémentaires par les programmes (ateliers ou séminaire de rédaction du mémoire et de la thèse, formation relatives à certaines situations comme le travail en équipe, etc.) ou être offertes de façon ponctuelle en fonction des besoins (ateliers, cours, etc.).
Références (1) Palkiewicz,N. (1995). L'encadrement des
étudiants: Document de réflexion. Décanat des études de premier cycle, 108 p. (3) UQAM. DEPC (1996) Rapport final du Comité sur l'encadrement des étudiants. Décanat des études de premier cycle. 37 p. plus annexes (4) Palkiewicz, N. (1997). L'encadrement des étudiants dans le contexte du premier cycle universitaire. In Langevin L. (1997) L'encadrement des étudiants: Un défi du XXIe siècle. Montréal : Éditions Logiques (5) UQAM (1997) Rapport du comité des suivis, p.7 (6) Voir Palkiewicz, N. (1997). L'encadrement des étudiants dans le contexte du premier cycle universitaire. In Langevin, L. ; Villeneuve, L. L'encadrement des étudiants. Un défi du XXIe siècle. Montréal : Éditions Logiques ; et DEPC. (1996). Rapport final du Comité sur l'encadrement des étudiants. UQAM, 37p. (7) Les composantes de l'axe vertical proviennent de la modélisation des éléments du système de formation auxquels est confronté l'étudiant à partir notamment d'une analyse et d'une classification des " objets " de consultation individuelle et des thèmes d'interventions auprès de différents clientèles effectuées par Christian Bégin, responsable de la section d'Aide et de soutien à l'apprentissage des Services à la vie étudiante. (8) Les observations obtenues pour les cours où des liens internet ou par courrier électronique étaient possibles, indiquent que les étudiants semblent avoir augmenté le nombre de contacts qu'ils se permettaient d'avoir avec le professeur.
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